En ressortant du placard le nom de GT, Opel tente de faire vibrer la fibre nostalgique de ceux qui n’ont jamais oublié le petit coupé deux places de la marque dans les années 70. Même si la descendante n’est plus un coupé mais un roadster, est-elle pour autant restée fidèle à son aïeule qui se voulait être « une petite Corvette ? »
« -C’est quoi ça comme voiture ?
C’est une Opel
Une Opel ?
Oui, une Opel GT.
Mais c’est quoi le nom du modèle ?
Ben…GT ! »
Voilà résumée la conversation que j’ai tenue avec mon boucher, mon boulanger, mes amis, ma famille et même quelques passants, étonnés qu’un tel engin puisse être estampillé du logo Opel. Il est vrai que pour le commun des mortels, une Opel actuelle est une voiture permettant de se rendre au travail la semaine et de faire ses courses le week-end, voire d’emmener la famille en vacances. Point. L’Opel GT est donc complètement l’antithèse des stéréotypes largement répandus de la marque, avec son look agressif et musclé et ses 264 chevaux sous le capot. Pour leur défense, il est vrai qu’elle n’est pas née sous la direction de la marque à l’éclair puisqu’elle est déjà vendue depuis plusieurs années sous les noms de Pontiac Solstice et Saturn Sky outre atlantique.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la GT attire les regards ! Avec son air « provocateur », son capot plat et son imposante largeur. Bien campée sur ses jantes de 18 pouces, elle a presque de quoi intimider. Déjà avec sa capote en toile en place, la GT possède une ligne époustouflante. Une fois décapotée, la ligne n’en est que sublimée, avec sa double bosse sur le couvercle du coffre arrière. Mais pour en arriver là, il faut décapoter justement ! Et si chez la concurrence, cela peut se faire d’une main sans devoir sortir du véhicule (quand ça n’est pas automatique !), cela demande ici un peu plus d’exercice : il faut d’abord ouvrir le couvercle du coffre, vérifier que rien ne gêne l’emplacement de la capote, la déverrouiller depuis l’habitacle avant de la replier dans le coffre et d’appuyer fermement sur le couvercle de celui-ci. Même procédure pour refermer, ce qui demande quelques petits coups d’essai avant de réussir la manoeuvre du premier coup.
En s’asseyant à bord, la première surprise vient du confort des sièges, étonnamment moelleux pour ce type de voiture où la sellerie est généralement très dure. Le volant, réglable en hauteur, tout comme le siège conducteur, permet de trouver la position de conduite idéale. Et, puis, par réflexe, je branche mon oreillette Bluetooth et je cherche un endroit où poser mon portable…C’est là que ça se corse ! Point de rangement au bas de la console centrale, ni de surface suffisamment plane pour l’y poser. Seule une petite boîte à gants et un minuscule espace de rangement entre les sièges combinés à des « range stylos » (des rangements très longs mais pas profonds ni larges) qui courent le long des portières constituent les seuls vide-poches de la GT. Pas terrible. D’autant que le coffre, même avec la capote fermée, n’offre une contenance que de 157 litres…et des formes pour le moins tortueuses ! Une fois découverte, le volume passe à 66 litres et là, bonne chance pour essayer d’y caser le moindre sac, tant les espaces libres sont comptés. Pas question donc d’espérer partir en week-end en amoureux, à moins de voyager très, très léger ! Un autre reproche que l’on pourrait adresser à l’habitacle est la qualité de ses plastiques, durs et sensibles aux rayures. Heureusement, l’assemblage est de qualité suffisante.
L’équipement de série est, quant à lui, pour le moins complet avec vitres électriques, verrouillage centralisé, climatisation, rétros électriques, feux antibrouillard, chargeur 6CD, rien ne manque. Seule la sellerie cuir est inscrite sur la liste des options.
Opel GT L’habitacle est correctement fini mais les plastiques durs sont sensibles aux rayures. De plus, les espaces de rangement font cruellement défaut.
Bon tant pis, on laisse donc les bagages sur place, on case nos vestes comme on peut et on est partis ! On tourne la clé de contact et le moteur s’ébroue dans une légère vibration de la voiture. Le moteur, justement est la principale différence d’avec ses cousines américaines. Si au pays de l’Oncle Sam les roadsters Solstice et Sky sont motorisés par un 2.4, pour traverser l’atlantique, Opel lui a préféré le 2.0 turbo, déjà aperçu sous le capot des Astra OPC ou encore du radical Speedster, où il culminait à 220 chevaux. Cette fois, Opel l’a poussé jusqu’à 264 chevaux et placé à l’avant. Avec son couple de 333Nm, il permet à la GT d’atteindre les 100 km/h en 5,7 secondes ! Et au vu de la poussée ressentie en écrasant la pédale de droite, on croit Opel sur parole ! Autre bon point de ce moteur : sa consommation. Les 9,2 litres/100km annoncés par le constructeur n’ont rien d’utopique puisque, lors de notre essai de 300 km environ (composé majoritairement de routes et autoroutes il est vrai) nous n’avons consommé que 8,7 litres/100km en conduite « souple ».
Une fois en route, la GT porte bien son nom. Sportive sans être radicale, elle invite à une conduite rapide tout en permettant de rouler « le coude à la portière ». Le comportement se révèle très sain, même dans les enchaînements où la GT passe d’une courbe à l’autre sans jamais ne donner de signe de faiblesse, bien aidée par une répartition des masses parfaite de l’ordre de 51/49. Si toutefois vous y allez un peu fort, l’ESP sera là pour vous remettre dans le droit chemin. Mais GM a également pensé aux pilotes en herbe, ceux qui aiment se faire plaisir (sur circuit de préférence) puisque ce dernier est déconnectable de façon partielle ou totale. Dans ce dernier cas de figure, le GT pourrait devenir une reine du « Drift » tant elle est aussi facile à faire glisser qu’à rattraper !
Détail qui n’est sans doute pas étranger non plus à ce caractère bien trempé : si son ancêtre se voulait être une « petite Corvette », la nouvelle GT, elle, reçoit une structure semblable à celle que l’on trouve sur la mythique américaine !
Voilà l’Argument, avec un grand A, le prix : 29.900 euros ! A ce niveau de puissance, pas la peine de vous creuser les méninges, la GT est sans concurrence directe ! Si vous pouvez vous satisfaire de 100 chevaux de moins, vous lui préfèrerez sans doute la Mazda MX-5, plus pratique ou si vous êtes plus fortunés, l’Audi TTS, plus noble, certes, mais plus communs aussi…
Dotée d’une ligne aguicheuse au possible, de performances envoûtantes et d’un comportement routier sans faille, la GT aurait pu réussir un score parfait…si Opel (enfin, GM) n’avait pas sacrifié tous les aspects pratiques ! Du coup, celle qui reprend la philosophie « petite Corvette » de la GT originelle ne peut prétendre qu’au poste de jouet pour le week-end. Mais quel jouet !
Opel GT 40 ans d’écart mais une même philosophie !
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